Aaaah Facebook.
Jadis un ami cher, une plateforme d’échange commode, légère et de laquelle je m’abreuvais principalement d’une bonne dose d’humour, de statuts de monde que je connaissais pas (mais que j’aimais ben) et d’actualités de médias locaux et régionaux.
Aaah Facebook.
Facebook qui a changé boute pour boute et qui aujourd’hui sert de propagande à la haine, aux engueulades en escalade pour un oui ou pour un non et autres menaces dégueulasses qui startent souvent pour une affaire insipide de type un chandail de Gerry Boulet porté à l’ADISQ.
Facebook n’est assurément plus le royaume de la p’tite gêne, encore moins le safe space que c’était quand on avait juste 12 amis pis qu’on était soit des zombies, soit des pirates. Pourquoi traîné-je encore là? Je te dirais qu’y a pas une journée où je me pose pas la question.
Néanmoins, j’y découvre encore parfois des groupes aux intérêts similaires aux miens et ça redevient intéressant, le temps d’un post. Des groupes de partage d’art, de vinyles, de trucs de broderie, d’entrepreneuriat au féminin, de politique, de DIY, de brocante. Parmi ceux-ci se trouve un groupe d’une bienveillance absolue qui s’adresse aux femmes de la Génération X (de laquelle je fais partie, est-ce surprenant?).
Des points super pertinents sont souvent amenés et débattus dans le respect, avec des conseils ou des partages d’expérience. Comme un groupe de tchoms de femmes nostalgiques d’une jeunesse qui s’égrène pis qui a souvent ben des questions sur la périménopause.
Dernièrement, quelqu’une a soulevé le fait qu’elle vivait l’inverse de la perception négative de son corps en se disant persuadée d’être beaucoup plus mince qu’elle ne l’était en réalité. Et que c’est uniquement quand elle se voyait en photographie prise par quelqu’un d’autre qu’elle réalisait sa véritable shape. Elle se demandait si elle était la seule à vivre cette drôle de situation qui commençait à la déranger.
J’ai trouvé ça super intéressant parce que crime, j’ai aussi cette perception de moi-même. Et c’est la première fois que quelqu’un m’y faisait sérieusement réfléchir. J’ai eu l’impression de trouver une amie cette fois-là. Si elle n’avait pas écrit genre du Tennessee, je l’aurais invitée à prendre un café ou kekchose (c’pas vrai, je suis vraiment trop sauvage pour ça, mais pareil).
C’est parce que j’ai beau peser proche 300 livres et me vêtir de taille 4X, je suis tout de même persuadée d’avoir une shape quand même ben dans la norme.
L’effet est donc saisissant au possible quand je me vois réellement sur des photos.
Je suis comme Ah ouin? C’est moi pour vrai ça?
Après je tombe en simili-dépression momentanée pis je me coupe les cheveux (??). Pas parce que je suis grosse : parce que je pensais pas que ma grosseur avait l’air de ça dans la réalité pis que j’étais pas t’à faite préparée à me voir de même. Comme si je m’imaginais être grosse, mais… autrement? (Comme si y avait 56 façons d’être grosse LOL.)
Bref, dans ma tête, j’ai pas l’air de ça et ça me saisit toujours de me voir concrètement. Un genre de « Heille, je pensais que ma robe me faisait des courbes du feu de Dieu dans le miroir, mais finalement c’est laitte en criche pour ma shape c’te robe-là. »
Bref, tu vois le genre. C’est pas parce qu’on milite pour l’acceptation corporelle qu’on l’a facile dans nos propres têtes tous les jours, han.
Fait que là mon fiancé est comme : « Encore? Quand est-ce que tu vas comprendre que t’es belle peu importe ta shape, viarge? » en regardant ma chevelure de déesse raccourcir de fois en fois.
Est-ce que c’est mal? Ben je pense pas. Tant mieux même si je me perçois pas de la « bonne façon », faisant en sorte que je ne devienne pas complètement obsédée par un désir de rapetisser (même si selon la société, je devrais donc ben m’haïr pis courir au gym). Mais oui, ça peut parfois me rendre vulnérable face à moi-même dans mes instants de lucidité pis me rendre fragile dans mes feelings (en plus de me ramasser avec une coupe de cheveux pas possible à chaque fois parce que mes skills de coiffeuse sont absolument déficients).
Fait que toi, vis-tu ça toi aussi ce genre de dysmorphie inversée? Ou si y a juste moi pis la fille du Tennessee qui se sentent de même? On fait quoi avec ça? Faut tu s’haïr (non)? S’aimer pareil (oui)? S’en sacrer (probablement)? Vivre de mixed feelings pour l’éternité?
Bref, à miditer... (comme dit une certaine frange de la population sur Facebook, sur un fond de coucher de soleil ou sur une image de chat qui danse avec des cœurs autour.)
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